jeudi 27 août 2026 - 09:38
L’unité islamique, un principe stratégique et une nécessité religieuse et rationnelle

Hawzah/ Seyyed Rasoul Moussavi, chercheur dans le domaine des relations internationales et ancien diplomate, a souligné que la vision de l’unité du monde islamique portée par le guide martyr de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Hosseini Khamenei, reposait sur une approche fondée sur des principes et une vision stratégique. Selon lui, l’unité des musulmans ne constitue pas une démarche tactique et circonstancielle, mais une nécessité religieuse, rationnelle et stratégique, enracinée dans les capacités populaires et sociales de la communauté islamique.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) – À l’occasion de l’anniversaire béni de la naissance du Prophète de l’islam, le noble Prophète Mohammad (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui), et de l’Imam Jaafar al-Sadeq (paix sur lui), l’Ayatollah Seyyed Ali Hosseini Khamenei, Guide martyr de la Révolution islamique, avait souligné, en 1400 du calendrier iranien, lors d’une rencontre avec un groupe de responsables du système islamique et des participants à la Conférence internationale sur l’unité islamique, que l’unité des musulmans constituait un principe fondamental et non une démarche tactique.

« L’unité et l’union des musulmans ne sont pas une question tactique que certains pourraient considérer comme nécessaire uniquement dans des circonstances particulières ; il s’agit d’une question de principe », avait déclaré le Guide martyr de la Révolution islamique.

Une unité enracinée dans les structures sociales

Selon Seyyed Rasoul Moussavi, chercheur dans le domaine des relations internationales et ancien diplomate, la conception de l’Ayatollah Seyyed Ali Hosseini Khamenei concernant l’unité islamique reposait sur une approche fondée sur des principes et inscrite dans une vision stratégique.

Il explique que la conception du Guide martyr de la Révolution islamique de l’unité du monde islamique reposait, dès l’origine, sur une distinction essentielle entre les États, en tant qu’acteurs officiels du système international, et les peuples, en tant que principaux porteurs de l’identité, de la volonté et de la dynamique sociales.

Dans cette perspective, l’unité islamique n’était pas conçue comme un simple projet diplomatique fondé sur des accords entre gouvernements. Elle devait au contraire prendre racine dans les structures sociales, populaires et organisées des sociétés musulmanes.

Les États ne sont toutefois pas exclus de cette conception et conservent leur place et leur rôle. L’accent est néanmoins mis sur les capacités qui se développent au sein des sociétés et qui trouvent notamment leur expression dans les forces de la Résistance et dans ce qui est communément appelé le « Front de la Résistance ».

Le chercheur souligne également que, de la même manière que la Révolution islamique s’est appuyée sur le peuple à l’intérieur du pays, l’élément populaire joue un rôle déterminant au niveau régional.

Il estime ainsi qu’il ne serait pas pertinent d’attendre une modification fondamentale de la dimension populaire de cette approche au-delà des frontières, puisque le rôle des peuples, notamment dans la promotion de l’unité et de la cohésion de la communauté islamique, ne constitue pas un simple élément tactique, mais une composante de son identité stratégique.

L’unité, une nécessité religieuse et rationnelle

Un autre point fondamental réside dans le fait que l’islam, en tant que religion divine complète, fonde la communauté des croyants sur le principe de la fraternité dans la foi.

Le Saint Coran affirme ainsi clairement : « Les croyants ne sont que des frères » (Innamâ al-mou’minouna ikhwatoun).

Cette fraternité dépasse les frontières ethniques, raciales et même les divergences confessionnelles. Si l’islam reconnaît la diversité des écoles et des interprétations religieuses, il n’autorise pas pour autant la transformation de la communauté musulmane en groupes opposés et engagés dans des conflits permanents.

Les divergences entre chiites et sunnites peuvent certes faire l’objet de discussions et d’études scientifiques dans leur cadre propre. Elles ne doivent cependant pas devenir un moyen de nier l’identité islamique de l’autre, ni un prétexte aux affrontements et aux divisions.

Les principes communs aux différentes écoles islamiques sont en effet beaucoup plus nombreux que leurs points de divergence. Abandonner ces éléments communs pour se concentrer exclusivement sur les différends ne ferait, selon cette analyse, que contribuer à la réalisation des objectifs de ceux qui cherchent à semer la discorde au sein des musulmans.

Une question essentielle se pose dès lors : que peut réellement apporter l’insulte aux symboles et aux sanctuaires religieux des autres musulmans à une école ou à une communauté ? Peut-elle attirer de nouveaux adeptes ou risque-t-elle, au contraire, de susciter le rejet, y compris parmi ceux qui lui sont proches ?

L’unité des musulmans, une nécessité incontournable

D’un point de vue rationnel également, l’unité apparaît comme une nécessité incontournable.

Le monde musulman, qui compte près de deux milliards de personnes et dispose de ressources naturelles considérables, d’une position géopolitique exceptionnelle et d’un patrimoine civilisationnel majeur, pourrait, en cas d’unité et de coopération, devenir une puissance considérable dans les équilibres internationaux.

À l’inverse, les divisions et les conflits internes conduisent à la dispersion de ces capacités et placent les sociétés musulmanes dans une situation de faiblesse, de dépendance et de passivité.

L’expérience douloureuse de plusieurs siècles, de la colonisation aux occupations et aux interventions militaires étrangères, montre également que les divisions et l’absence de cohésion interne ont souvent constitué un terrain favorable aux ingérences extérieures dans le monde musulman.

La voie coranique pour renforcer l’unité islamique

Le Saint Coran présente notamment, dans les versets 9 à 14 de la sourate Al-Hachr, une approche globale et profonde de l’unité et de la cohésion de la communauté musulmane. Cette approche élève l’unité d’une démarche circonstancielle et tactique vers une véritable alliance fondée sur les liens du cœur et sur la raison.

Dans la description de la société idéale des croyants, Dieu met d’abord l’accent sur le sacrifice de soi et l’amour, avant de montrer que la base de l’unité consiste à privilégier les intérêts des frères dans la foi sur les intérêts individuels.

Au verset 10 de la sourate Al-Hachr, cette relation fraternelle est inscrite dans la continuité de l’histoire. Les croyants demandent à Dieu de ne laisser dans leurs cœurs aucune rancœur envers les autres croyants : « Ne mets dans nos cœurs aucune rancœur envers ceux qui ont cru » (Wa lâ taj‘al fî qulûbinâ ghillan lilladhîna âmanû).

Ce verset montre que la consolidation de l’unité islamique exige également une purification intérieure des préjugés et des passions susceptibles d’alimenter les divisions.

Par ailleurs, le Coran considère que la cohésion apparente du camp adverse ne repose pas nécessairement sur une véritable unité. Il affirme : « Tu les crois unis, alors que leurs cœurs sont divisés » (Tahsabouhoum jamî‘an wa quloubouhoum chattâ).

La cause de cette dispersion intérieure est également attribuée à l’absence de raison et de discernement : « C’est un peuple qui ne raisonne pas » (Qawmun lâ ya‘qiloun).

À la lumière de ces enseignements coraniques, l’unité islamique repose ainsi sur trois fondements essentiels : l’amour et le sacrifice de soi dans l’action, des cœurs débarrassés de toute rancœur envers les autres croyants, et une union fondée sur une rationalité religieuse authentique.

Cette conception se distingue ainsi d’une unité superficielle et purement tactique : elle vise à établir une cohésion profonde, durable et fondée sur des principes au sein de la communauté islamique.

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